Te Recuerdo

Te Recuerdo

Amanda se souvient : d’un pays qu’elle ne connaît pas mais qui est sien par héritage, fardeau tantôt léger, tantôt tragique, stigmates et reliques d’une mémoire collective.

Ce pays, le Chili, Amanda ne le connaît que par les archives télévisuelles et les récits familiaux : un pays rêvé, peuplé de cousins lointains qu’elle ne connaît que par procuration, mais dont l’image hante ses nuits de fille d’exilés.

Amanda porte le nom d’une très belle chanson de Victor Jara.
Amanda a dix-huit ans et veut connaître sa propre histoire.

Un jour, ou une nuit, peut-être en rêve, elle part à la rencontre de cet autre pays…

Un voyage onirique dans la mémoire d’une jeune femme, en poésie et en musique, chanté, enchanté.

 

J’ai été apatride jusqu’à ma majorité, âge où s’est posée la question du choix de mon identité : je suis né en Suisse de parents chiliens. Le Chili ne reconnaissant pas à l’époque les enfants d’exilés, la Suisse ne reconnaissant pas le droit du sol, je n’étais citoyen d’aucun pays. A dix-huit ans on m’a accordé le droit de demander un passeport et je suis devenu citoyen helvétique. Près de vingt ans plus tard, alors que le Chili s’apprête à commémorer le coup d’Etat du 11 septembre 1973, quelque chose de particulier se mêle à mon appréhension de cet événement, que je sais capital pour mes propres parents. Un sentiment étrange m’envahit, du fait d’une contradiction inhérente à notre histoire : la terre de ma naissance, la terre où j’ai grandi, a eu pour eux le goût amer de la terre d’exil.

Le Chili, pour moi, est un pays fantasmé, que je connais à travers les chansons de mon enfance, les photos jaunies des tantes et des cousins restés là-bas, les coupures de journaux et les histoires que mes parents racontaient avec pudeur, tant leur histoire à eux fut douloureuse, déchirante et sans retour. Je suis un enfant d’immigrés. Je veux partager une histoire qui est la mienne et celle de mes parents, une histoire d’héritage et de filiation : une petite histoire, prise dans  la grande Histoire.

J’ai voulu m’entourer pour ce spectacle d’une équipe artistique qui ne connaîtrait pas forcément ni ma famille ni même le Chili : inviter des artistes extérieurs serait le gage de la distance nécessaire à la sérénité du discours. Ainsi ce récit, qui aurait pu être autobiographique, a été imaginé à plusieurs, conçu et bâti comme une fiction avec des langages et des sensibilités croisés.

J’ai souhaité que cette aventure soit avant tout une belle histoire collective, musicale, une histoire d’humour et d’émotion ; que dans ce spectacle se mêlent les générations, l’intime et le politique, le rêve, la réalité dans ce qu’elle a de plus violent et de plus doux. Que les figures mythiques d’Allende, Neruda et Victor Jara soient évoquées par le prisme d’un regard adolescent… et qu’entre nos mots se glissent les envoûtantes chansons de l’Amérique latine.

Emiliano Gonzalez Toro

 

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