Les Orientales

Les Orientales

Au coeur de l’orientalisme : un voyage poétique

Les facilités que les moyens de transport offrent aux voyageurs, ainsi que les voies ouvertes par les équipes d’exploration justifient en partie la vague orientaliste qui s’étend sur tout l’Occident, de l’époque romantique à la fin du 19è siècle.

C’est peut-être en France que cette mode se développe avec le plus de constance, affectant tous les domaines. Les voyages entrepris par des écrivains de renom, tels Chateaubriand ou Hugo n’y sont pas étrangers, alors que les rayons d’action s’élargissent : les poètes explorent le bassin méditerranéen, de l’Espagne à l’Egypte : Mérimée, Lamartine, Nerval, Flaubert font le voyage oriental, jusqu’à l’écrivain aventurier Pierre Loti. D’autres, grisés par les paradis artificiels, rêvent cet ailleurs coloré et mystérieux, porteur de promesses sensuelles ou violentes : Balzac, Baudelaire, Musset ou Théophile Gautier.

Dans les salons du second Empire, le goût est à l’orientalisme. Le vocabulaire s’enrichit de noms arabes, les bibelots et tapis d’Orient font fureur, les auteurs à succès reprennent et développent les thèmes exotiques, à l’instar de Reyer, Félicien David, Lalo ou Delibes. Le lointain fait rêver, la couleur locale, restituée avec plus ou moins de fidélité et d’imagination, transporte le lecteur ou l’auditeur dans des contrées singulières et précieuses. La lumière crue, la chaleur fauve des tableaux de l’époque se font vives : aux odalisques d’Ingres, aux Sardanapale de Delacroix répondent les vers du poète Thomas Moore, dont le célèbre poème Lalla Roukh inspirera une génération de compositeurs.

L’orient rêvé des premiers romantiques signe son chant du cygne avec l’impressionnisme : Debussy achève le voyage en restituant une Asie d’impression subjective, créant un langage ne se limitant plus à d’éphémères festons décoratifs… La musique s’engage alors sur la voie du métissage.