Consuelo de mi alma

Consuelo de mi alma

Une soirée dans l’ambiance feutrée du salon de George Sand, en compagnie des fidèles de Pauline Viardot, l’inspiratrice de Consuelo.

« Zdenko ! s’écria-t-elle en bohémien, ami Zdenko, que celui à qui on a fait tort te salue ! »

C’est de cette phrase tirée de Consuelo que la compagnie Zdenko a adopté son nom et ainsi commencé le début de son aventure. « Consuelo de mi alma » retrace la relation privilégiée qui s’établit entre deux artistes d’une importance capitale au 19è siècle : George Sand et Pauline Viardot.

La première est l’écrivain célèbre qui, bravant les conventions de l’époque, s’habille comme un homme et affiche des passions tumultueuses avec des artistes comme Musset ou Chopin. La seconde est la cantatrice la plus fêtée de son temps, véritable muse de l’opéra : cette cadette de la légendaire Malibran reprend le flambeau laissé par sa sœur, disparue trop tôt, et emplit de sa voix d’alto les plus grands théâtres d’Europe, tandis que les grands génies de l’époque, à l’instar de Liszt et Schumann, saluent autant ses dons d’interprète que de compositrice.

Emerveillée par son talent exceptionnel, son humilité et la douceur de son caractère, George Sand « s’amourache » de Pauline Viardot et la prend sous son aile avec une bienveillance toute maternelle. Elle la reçoit dans sa maison de Nohant, lui fait rencontrer les artistes qui fréquentent son salon : Musset, Delacroix, Chopin, et surtout Tourgueniev qui deviendra son âme sœur. George la considère comme sa propre fille, veille sur sa carrière et sur sa famille. Son roman Consuelo est entièrement inspiré par Pauline, qui transparaît dans les moindres traits de l’héroïne éponyme.

Tout au long de leur vie, les deux femmes entretiendront la correspondance fidèle d’une amitié passionnée, dans laquelle deux artistes de premier plan, aux génies aussi différents que complémentaires, parlent de musique, de philosophie et
de littérature.

Toute une société se dessine entre les lignes de ces lettres, entre petits et grands évènements, depuis l’Europe que parcourt la cantatrice jusqu’à la France dont la capitale est quelquefois Paris, quelquefois Nohant. A partir de cette correspondance, de chroniques d’époque, d’extraits de
Consuelo, le programme interroge la condition de l’artiste, la face cachée de la création et le statut des femmes dans la société du 19è siècle, au son de mélodies romantiques composées par, ou pour Pauline Viardot.